A
- Présentation
des disciplines
3 disciplines sont actuellement
pratiquées
durant les compétitions régies
par le règlement de la FFESSM, qu’elles
soient départementales, régionales
ou nationales.
L’apnée statique
(AS) : l’apnéiste
en surface, les voies respiratoires immergées
reste le plus longtemps possible sans respirer.
L’apnée dynamique
(AD) avec ou sans palmes consiste à parcourir
la plus grande distance possible immergé à profondeur
variable selon les habitudes (fond du bassin,
mi-profondeur).
Le Cube se
pratique en milieu naturel avec un Cube de
15 mètres
de côté matérialisé par
des bouts et immergé à 10 mètres
de profondeur. Au début de l'épreuve,
l'apnéiste se positionne au niveau
de la bouée, puis descend à l'aplomb
de celle-ci jusqu’aux 10 mètres.
Ensuite, il va matérialiser son arrivée
en touchant un témoin et suivre les
bords inférieurs du Cube dans le sens
des aiguilles d'une montre pour réaliser
la plus grande distance possible. Arrivé en
fin d'apnée, il marque sa distance
puis remonte en surface où il devra
se positionner face au juge de surface.
Les épreuves de poids constant, immersion
libre, poids variable et No Limits ne
sont actuellement pas pratiquées en
compétition FFESSM.
B - Les accidents 1 - Circonstances
de survenue et clinique
Les principaux accidents
observés durant
les compétitions sont liés à l’anoxie
cérébrale. Ces accidents sont cliniquement
très
polymorphes. Ils peuvent se traduire par une
simple altération de la vigilance, des
tremblements localisés ou généralisés
(pouvant rappeler une crise comitiale), l’absence
de réponse aux ordres simples ;
ces états pré-syncopaux sont
communément appelés SAMBA par
les apnéistes. Ils peuvent également
se manifester par une véritable perte
de connaissance : la SYNCOPECes incidents
surviennent habituellement en fin d’apnée
(AS ou AD) ou pendant la remontée durant
l’épreuve
du cube, beaucoup plus rarement au fond.
Rarement précédés de signes
annonciateurs, ils surviennent le plus souvent
subitement alors que la PaO2 diminue, inhibant
le jugement critique et entraînant des
troubles mnésiques qui expliqueront
l’amnésie totale que présente
la victime juste après sa syncope (PaO2 < 40
mm Hg).2 - Facteurs favorisantsCes
accidents sont favorisés par une
durée prolongée (AS), une accélération
de l’effort en fin d’AD pour toucher
le bord, un effort ultime en profondeur (Cube).
Des facteurs individuels et environnementaux
(asthénie, eau froide, stress, méconnaissance
de ses limites, expiration forcée à la
sortie) favorisent aussi l’incident.Mais
c’est surtout l’hyperventilation
préalable à l’immersion qui
favorise la survenue des syncopes ou des sambas.
Pratiquée par les apnéistes en
vue d’améliorer la performance,
elle consiste en une accélération
volontaire du rythme et de l’amplitude
respiratoires, en forçant l’expiration,
provoquant ainsi une baisse de la PaCO2 sans
majoration significative de la PaO2.L’objectif
de cette manœuvre est
de retarder le seuil de déclenchement
des chémorécepteurs qui incitent à la
reprise respiratoire en différant le
stimulus CO2. La diminution de la PaO2 est
insuffisante pour rompre l’apnée
et va provoquer une anoxie cérébrale à l’origine
des symptômes.3 - Déroulement de
l’accidentSelon
la discipline, on peut observer chez l’apnéiste
des signes qui doivent alerter les plongeurs
de sécurité et
les juges :
- En AD, le compétiteur ralentit sa
nage, lâche de l’air, va tenter
une émersion puis recouler. Parfois
il tente une dernière accélération
puis émerge mais ne peut rester
en surface.
- En AS, on observe souvent des tremblements
au niveau des membres supérieurs,
du tronc ou de la tête alors que l’apnéiste
ne répond pas au protocole de sécurité et tente
de s’accrocher au bord du bassin.
- En pleine eau durant l’épreuve
du cube, l’accident survient à la
remontée (ascent black out),
le plongeur émerge puis effectue quelques
oscillations (signe du bouchon) avant de
s’immobiliser en décubitus ventral.
Si sa flottabilité est négative
(lestage trop important), l’apnéiste
recoule doucement.
Dans tous les cas il absolument
retenir que syncopes et sambas peuvent aussi
survenir après
l’émersion du compétiteur
qui semble en pleine possession de ses moyens,
prend sa 1ère inspiration et s’écroule :
il faut en effet quelques secondes après
une inspiration pour que le sang oxygéné parvienne
au cerveau, délai au cours duquel la
PaO2 continue de diminuer et l’hypoxie
de s’aggraver. Ces syncopes légèrement
retardées
sont souvent favorisées par le réflexe
des apnéistes d’expiration forcée à l’immersion
qui abaisse brutalement la PpO2 et conduit à l’anoxie
cérébrale4 - Autres mécanismes
physiologiquesDes mécanismes plus rares
peuvent être à l’origine
de ces pertes de connaissance :
- Les arythmies
- L’hyperexcitatibilité sino-carotidienne
- Le vertige vestibulaire
- La carbonarcose (cube)
- Les troubles métaboliques (hypoglycémie)
C - La conduite à tenir
(CAT)
En compétition, les
protocoles de sécurité et
la présence d’apnéistes
de sécurité limitent fortement
la gravité des ces accidents.
Il est certain qu’une perte de connaissance
survenant chez un apnéiste non surveillé peut
avoir des conséquences dramatiques,
en entraînant une noyade.
En cas d’accident, même si les
premiers gestes sont assurés dans l’eau
par l’apnéiste de sécurité,
il appartient au médecin fédéral
de prendre en charge la victime au décours
de l’accident et d’adapter le traitement
selon la nature de l’accident et l’état
de la victime.1 - En cas de samba Le masque
est retiré et la victime
sera éloignée des bords du bassin
pour éviter un traumatisme surajouté.
Il n’y a pas eu de perte de connaissance
ni d’inhalation ce qui limite l’intervention
du médecin qui s’assurera que
la victime a récupéré,
s’est réhydraté… 2 - En
cas de syncopeLa situation est plus extrême
et nécessite
dans un 1er temps l’intervention rapide
des équipes de sécurité pour éviter à la
victime inconsciente de couler et d’inonder
ses voies aériennes :
- Le masque est retiré
- Plusieurs insufflations bouche à nez
(un trismus est souvent observé) sont
délivrés alors que la victime
est encore dans l’eau
- Puis elle est évacuée du
bassin
Selon l’état du syncopé,
le médecin adaptera son traitement :
- Le plus souvent après ces 1ers gestes,
l’apnéiste totalement amnésique
a repris connaissance et n’a pas inhalé :
son examen clinique est strictement normal
et une mise sous O2 au masque est préconisée
(15 l/min) pendant 10 min.
- Si le délai d’intervention
en surface est plus long, l’apnéiste
qui recoule inconscient a pu inhaler et présente
une toux persistante et/ou de tachypnée, éventuellement
accompagnées de signes généraux
(asthénie, pâleur, tachycardie,
vomissements…). Le risque d’atteinte
pulmonaire retardée (SDRA, pneumopathie….)
est alors élevé et justifie
une hospitalisation pour surveillance et
contrôle radiologique et gazométrique.
- Enfin dans les cas les plus extrêmes
qui ne devraient pas survenir en compétition,
la victime, échappant à toute
surveillance, coule et après avoir
fortement inhalé est récupérée
en état de mort apparente (stade 4
de grand anoxique de la classification de
Bordeaux). La réanimation cardiorespiratoire
s’impose dès que la victime
est extraite de l’eau dans l’attente
de l’intervention d’une équipe
de réanimation (SAMU / pompiers).
On ne cherche pas nécessairement à réchauffer
la victime, une légère hypothermie étant à l’heure
actuelle considérée comme améliorant
le pronostic après réussite
de la RCP.
3 - Suivi fédéral
après
accident
Dans le cas le plus fréquent
où l’apnéiste
récupère instantanément
sur le lieu de la compétition, il appartient
au médecin et aux juges de s’assurer
qu’elle ne reprend pas la compétition.
Compte tenu de la physiopathologie et des
circonstances de survenue, ces accidents
peuvent survenir dans d’autres disciplines pratiquées
en apnée : chasse sous-marine,
tir sur cible, nage avec palmes…..